Introduction
Poème 2
Poème 6
Poème 12
Mon Hiroshima
Poème pour le maté
Imprévisiblement prévisible
Mon amphétamine
Hay dia sin, hay dia con
Le Plongeon
Mon Antares
Asi es
Je suis mort
L’histoire d’un pendu ép 1
Le bourrin
Naissance d’un monstre
La place
Poème pour HIROSHIMA
Mère de la paisibilité
Subrepticement je m'éclipse
Impossible Agnosie
Monde réel
Hommage à Nietzsche
Vomissements
L’étudiante
L’impossible possible
Ma lavandière
Une île
En réponse…
Puta Vida

 

Naissance d’un monstre

Postés face à ce massif des plus culminants,
Une silhouette, tant délicate que virginale,
Nous parue luisante (telles ces aurores boréales
Que nous pûmes voir près de l'Hekla menaçant)
Sous cet inlassable et limpide rayonnement
De notre fabuleux satellite intégral.

Ses formes calligraphiées par ce contre jour
Offraient l'ombre chinoise, au contour d'albumine,
D'une élégance corporelle, soyeuse et câline.
Tout, depuis ce lointain et aval faubourg
Nous forçait, corps et âmes, à croire pour toujours
En une Valkyrie, une présence divine.

Mais la lune grimpant dans ce céleste décors,
Evaporant sa gnomonique ombre portée
De ce sol couvert d'une brune porosité,
Sa toise sablonneuse se revela-t-alors
Sous un aspect horriblement révélateur:
Une chaire zébrée de vermeilles cavités.

Sous la clarté, son corps atrophié s'enragea,
Se muant d'une musculature paroxysmique;
Sa chevelure devint agglomérat d'aspics,
Et lorsqu'elle exhiba sa langue de naja,
De son visage cicatrisé se dégagea
Une apparence effroyablement vampirique.

Un démon, un monstre des plus abominable
Venait de naître; une infamie exécutrice
De la sentence capitale et génératrice
Des souffrances et des maux les plus insupportables.
Le grand Satan, à l'ossature invulnérable,
S'exhiba alors sous notre regard complice.