L'etudiante

L'étudiante

L'étudiante

Alors que je flânais en cette heure matinale,
Bercée plus que jamais par une bise délicate,
Dans les artères piétonnes de Salta Capitale
Où le rouge résonne d'un éclat écarlate;

Mes pas fébriles croisèrent la démarche langoureuse,
Egale à une panthère, d'une jeune collégienne
Aussi haute que fine, aussi belle que gracieuse,
D'une effroyable mine et vêtue comme une reine:

Sombre et courte jupette, cravate tourbillonnante,
Blafarde chemisette, satinés mocassins.
Elle transforma la rue en entité vacante
Où seule sa tenue rayonna le lointain.

Avec ses mèches au vent et son corps de nymphette,
Elle me parut sortant d'un manga du U Jin;
Mais sa peau matte et tendre, et ses prunes noisettes
Me fit très vitre comprendre qu'elle était une latine.

Elle me lâcha alors de ses orbes d'ébènes
Son regard destructeur, comme on largue sans conscience
Une bombe atomique, et elle fit de mes veines
Les messagers cosmiques d'une ultime turbulence.

Impossible de fuire cette divine hypnose
Qui s'en va conquérir mon esprit tourmenté.
Je pivote ma tête pour assurer ma dose
De cette vision au faîte de l'humaine beauté.

Nous soudâmes nos prunes un semblant éternel
Et sans nulle rancune, elle m'offrit son sourire
Qu'elle désira timide en maintenant ses belles
Canines sur ses limpides lèvres à périr.

A la vue titanesque du chef-d’oeuvre vivant
Je me transforma presque en un bouillant cratère
Pulvérisant ma lave dans ce haut firmament
Pour devenir épave et me fondre en cette Terre