Introduction
Poème 2
Poème 6
Poème 12
Mon Hiroshima
Poème pour le maté
Imprévisiblement prévisible
Mon amphétamine
Hay dia sin, hay dia con
Le Plongeon
Mon Antares
Asi es
Je suis mort
L’histoire d’un pendu ép 1
Le bourrin
Naissance d’un monstre
La place
Poème pour HIROSHIMA
Mère de la paisibilité
Subrepticement je m'éclipse
Impossible Agnosie
Monde réel
Hommage à Nietzsche
Vomissements
L’étudiante
L’impossible possible
Ma lavandière
Une île
En réponse…
Puta Vida

 

Mon amphétamine

Elle est mon amphétamine,
Mon alpha-méthyle-phényl-éthylamine:
Elle stimule, c'est véridique,
Mon activité psychomotrice et psychique;
Elle émule, sans grand effort,
Ma pensée cérébrale d'une chaîne de météores;
Soit! elle me coupe la faim,
Mais me rend tellement plus performant et serein.
Déjà, lorsque je l'admire,
Elle provoque des troubles insupportables à frémir
Et mes yeux s'englobent alors
D'une déconcertante et insatiable lueurs.
Quand ma langue entre en contact
Avec sa soyeuse et tendre texture d'agate,
Je me mute en un esclave
Dévoué et docile qui répond sans entrave
Au moindre de ses délires;
Mais aussi en praticien exigent le pire
Qui demande satisfaction
De sa combinaison chimique en pleine action:
L'extase est alors totale.
Une fois imprégné de sa sueur génitale,
Plus rien ne semble exister,
L'environnement est comme dématérialisé
De toute particule active;
Elle m'éjecte dans une sorte de transe contemplative
Où seule son aura terrible
Rayonne, dans ce vide spatial, un spectre perceptible.
Sous son emprise convoitée,
Mes transmissions synaptiques se veulent assistées;
Mon cerveau bouillonne, fusionne,
Je pense qu'intellectuellement je cartonne,
Artistiquement j'excelle,
Je rentre dans une phase d'éruption irréelle
Et, dans ce néant réel,
Je propulse ma lave de délires conceptuels
A son plus haut culminant.
Mes neurotransmetteurs contredisent étrangement
Einstein et sa théorie,
Même si son attraction incessante me meurtrie;
Mon fol artefact explose
Violemment l'électro-encephalo d'une dose
D'ondes paraboliques hors normes
Car elle seule, possessive du pouvoir, me transforme
En un être assujetti
A la maîtrise totale de mes sens avertis.
L'accoutumance est totale,
Je ne peux plus me passer d'elle: destin fatal.
Elle est ma délivrance comme
Elle est devenue mon opium de l'homme,
La source de mes émotions,
Ma raison d'être, l'origine même de mes pulsions.
Je ne suis rien sans sa mine,
Tout comme la thymine n'est rien sans l'adénine.