Le bourrin

Le Bourrin

la bourrin

Il possède tous les symptômes du parfait bourrin:
Il est con, gros, violent, stupide, acéphalique,
Un tantinet fasciste, en un mot un bourrin,
Une belle erreur de la conception génétique.

Il a les biceps d'un trappeur du Canada
Mais son coeur est plus froid que le Manitoba;
Il a la force d'un buffle, mais le cerveau bien plat.

Ses paroles sont le parfait berceau d'une profonde
Ignorance de tout ce qui compose notre monde,
Son savoir n'est que vocabulaire immonde.

Si c'était un nain, ce serait grincheux,
Si il était un Schtroumf: Schtroumf grincheux.
Toujours à grogner ce débris fâcheux.

Il n'est jamais content, râle sans cesse,
Frappe du poing sur la table pour que l'on cesse
De contredire les miaulements qu'il professe.

Toujours en train de renifler sa morve flétrie
Et lorsqu'il crache, il génère un vacarme meurtri
Pour évacuer son mollard de déchetterie.

Son ronflement surpasse celui d'une moissonneuse
Et de ses badigoinces atrophiées et visqueuses
S'éjacule une substance infecte et baveuse.

Il possède tous les symptômes du parfait bourrins
Et partage sa vie avec une Déesse latine,
L'emblème plus que parfait de la beauté divine.
Alors, je hais ou je jalouse ce gros bourrin?

Il expose son ceinturon rehaussé du manche
De son couteau et se poste, les mains sur les hanches,
Telle une statue, droit et fier comme un Comanche.

Après toute action, il se gratte la tête;
Pour se congratuler, il remet sa casquette
Avec lenteur prouvant sa maîtrise des faits.

Il est aussi graisseux qu'un éléphant de mer;
A chacun de ses pas, il semble crouler par terre
Qu'il génère pitié, comme tant de maux solitaires.

Sous sa chemise entrouverte se distingue une couche
Capillaire humide et lubrifiée qui accouche
D'une sueur pestilentielle aimée des mouches.

Il est vêtu comme le pire des gueux:
Aussi poussiéreux, plâtreux et dégueux,
A croire que l'hygiène, chez lui, n'est qu'aveux.

Il n'arrête jamais de se gratter,
De triturer sa molle chaire ballottée
D'une puanteur abjecte à dégueuler.

Il possède tous les symptômes du parfait bourrins
Et il habite avec la source de mon chagrin.
Alors, je hais ou je jalouse ce gros bourrin?
Non, je le hais, je le hais au plus haut point.