Mon Hiroshima

Mon Hiroshima

mon hiroshima

C'est mon Hiroshima, mon occulte firmament;
Elle rendit à jamais stérile,
Un jour d'été, à l'auguste ensoleillement,
Mon archipel beau et fragile
Déjà victime d'une multitude de tremblements.

L'impact de ses obus d'un jais de perfection
Et sa mélodieuse traînée
Sur mes cotes protectrices, mais victimes de lésions,
Fut immédiat, instantané,
Direct et brutal, comme toute atomisation.

Cependant, et ce constat se veut probable,
Elle devait végéter, ancrer,
Depuis un nombre incalculable de biennales
En ce Los Alamos secret
Des sous-profondeurs de mon désert cérébral.

Sa mine de little boy à la douce pureté
M'immobilisa en surface;
Et ses lignes, à l'insouciante maturité,
Affrontant les airs avec grâce,
Eurent raison de mon pavillon d'antiquité.

Et lorsqu'elle s'évada de son B-29,
Elle n'orchestra que destruction
N'étalant qu'un sombre et désolant chaos neuf;
Et l'épicentre étant bas pion,
Le nihilisme fut simplement total, bref.

Dévasté au sein de mes entrailles béantes,
Le chagrin ne s'épuise d'un zest
Comme portée par ces radiations agonisantes
Créant, dans mes prunes célestes,
L’écoulement d'une pluie noire et larmoyante.

Elle est mon Hiroshima, une syllabe en moins,
Et elle fit de mon ventricule,
De mon cortex, de mes synapses, de mon destin,
Qu'un simple amas de particules
Qui conjugue ma vie d'un spectral dessein.